«Aâzzi», «draoui» «hartani», quoi d’autre?

Ne pas parler des “clichés” mais  parler “des trucs que tout le monde sait”, repérer une personne de couleur sur un “passage télé” pour dire qu’il ne s’agit que des “retombées” positives de la politique des “minorités visibles” … La liste est longue des signes typiques de racisme… N’oublions même pas la xénophobie. Et oui, manifester de l’hostilité à l’égard des étrangers est un symbole poignant de ségrégationnisme. 

Quand racisme et xénophobie se conjuguent ensemble

Nous n’avons pas besoin d’une boule de cristal pour savoir que le racisme et la xénophobie se conjuguent ensemble la plupart du temps. Ils sont souvent considérés, par la majorité, comme des synonymes alors que ce n’est pas du tout vrai.

A lire: Regards croisés sur les discriminations

«Aâzzi», «draoui» «hartani», quoi d’autre?

Dans un article publié par nos confrères de Yabiladi, on note que «Aâzzi», «draoui» «hartani» sont  des insultes que les immigrés au Maroc entendent souvent. Au début des années 2000, un climat de racisme et de xénophobie a été installé suite aux flux migratoires venus d’Afrique subsaharienne.

Ainsi,  on se demande si le Marocain es raciste et xénophobe par définition et par nature ? Au cas où la réponse à cette question est positive, la légendaire hospitalité marocaine serait remise en cause. Est-elle conditionnée par les origines, les ethnies et la couleur de la peau, dans la pratique ?

Le racisme “anti-noirs” ne commence pas aux Subsahariens!

Certainement, le racisme “anti-noirs” ne touche pas que les personnes issues de l’Afrique subsaharienne.  Il inclut également dans son lot les Marocains de couleurs différentes.

Certes, l’humanité se décline dans le monde avec toute une palette de couleurs de peau. Mais ce critère ne doit pas figurer dans le mécanisme  des relations humaines. Lutter contre le racisme brutal est ainsi devenu un must.  D’ailleurs, le tissu associatif n’a pas manqué l’occasion pour prouver qu’il est nécessaire de lancer des campagnes anti-racisme.

Retour sur deux expériences inédites de lutte contre le racisme:

Je ne m’appelle pas Azzi!

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En 2014, un collectif d’associations regroupées en une coordination dénommée “Papier pour tous ” a lancé une campagne visant à lutter contre le racisme  au Maroc.  Qui ne souvient pas du slogan “Je ne m’appelle pas Azzi” qui a fait le tour des réseaux sociaux? A l’époque, Stéphane Julinet, chargé de programme Droit des étrangers et Plaidoyer du GADEM a déclaré aux médias que « C’est une initiative marquante, une première au Maroc,  et une occasion pour la société civile marocaine de s’impliquer en tant que partie prenante  dans la lutte contre le racisme au Maroc ».  Le slogan-choc a été inscrit a en français et en arabe sur plusieurs supports de communication.

“Ni esclave, ni négro, stop, ça suffit”: une  première campagne transmaghrébine contre le racisme

Une première campagne transmaghrébine contre le racisme a été lancée l’année dernière  à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Elle regroupait  un collectif d’activistes et d’associations nationales venant de tout le Maghreb. Son but? Fédérer les dynamiques qui militent pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale dans l’espace maghrébin.

Il faut noter que plusieurs campagnes de lutte contre le racisme et la xénophobie ont été lancées, et ce, depuis la première vague dite “exceptionnelle” de régularisation.  Le CNDH, l’OIM, les ministères ainsi que les associations s’activent tous pour faciliter l’intégration sociale des migrants au Maroc.  Mais, il faut, tout de même, assurer le suivi de ces campagnes pour mesurer leur impact.

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  1. […] qui, dans la majorité des cas, est négative et nuisible à la personne du migrant. Plusieurs associations dénoncent ces représentations sociales  sommaires et hâtives que l’on se fait des […]

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