LE MAROC TÉMOIGNE DE SA VOLONTÉ DE RÉGULARISER LES MIGRANTS

Les premières mesures de la nouvelle politique migratoire marocaine ont été annoncées par le gouvernement marocain le Lundi 11 novembre 2013.  Une « opération exceptionnelle » de régularisation de migrants en situation irrégulière devait être menée tout au long de l’année 2014. Pour ce faire, des bureaux des étrangers ont été ouverts dans chaque préfecture et une commission nationale des recours a été créée.

Cette annonce ne provient pas du néant, “muscler” la politique migratoire marocaine est devenu un must vu le contexte migratoire national. Le Maroc, n’est plus seulement une terre de transit, mais de plus en plus une terre d’accueil.

Une politique migratoire indécise?

Selon des associations marocaines de protection des droits humains, rien n’a changé, les migrants ont été pourchassés et massivement refoulés vers les frontières algérienne et mauritanienne dans des conditions inhumaines. Plusieurs dossiers ont été rejetés.

Ceci est principalement dû aux critères de régularisation qui n’étaient pas “souples” au début et au fait que les responsables en charge des bureaux des étrangers n’ont pas été bien formés. Suite à ceci, les organisations de la société civile ont témoigné de la nécessité de procéder à des réajustements.

Des critères  trop rigides?

Selon le rapport  de  la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), les critères pour la régularisation ont été  appliqués de manière trop stricte et ne tiennent pas compte de la difficulté d’obtenir des justificatifs au Maroc. Par conséquent, l’une des recommandations principales est d’assouplir leur interprétation. Ces sollicitations ont reçu un avis favorable de la part du gouvernement, une commission nationale de suivi et de recours a été ainsi instaurée.

La commission a pour mission:

  • d’assurer le suivi de l’opération exceptionnelle de régularisation ;
  • de procéder à des évaluations régulières de son déroulement ;
  • de formuler toute proposition susceptible d’améliorer le déroulement de l’opération exceptionnelle de régularisation ;
  • d’examiner les doléances des migrants qui ont déposé un dossier de demande de régularisation et dont la requête a été rejetée en premier recours.
Une nouvelle dynamique positive?

Le même rapport indique que la mise en place de cette commission semble avoir enclenché une dynamique positive, car le nombre de décisions favorables a significativement augmenté depuis son établissement. Ainsi au 2 décembre 2014: 22.917 demandes avaient été déposées par des ressortissants de 112 pays, 10.603 dossiers avaient été acceptés (soit 46%) et 6.701 cartes de séjour avaient été délivrées.

Bilan de cette première vague de régularisation en chiffres

Au 31 Décembre 2014:

  • 27 130 demandes avaient été déposées, et 16 180 ont d’ores et déjà obtenu un avis favorable.
  • Parmi les bénéficiaires d’un avis favorable figurent “9.202 femmes et 6.232 hommes”.
  • 116 nationalités au total sont représentées.
  • Avec 27,4% des demandes, les Sénégalais arrivent en tête des demandeurs de régularisation, suivis par les Syriens qui représentent 18,4%, puis les Nigérians et les Ivoiriens avec respectivement 18,4% et 8%.
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