Migration climatique, c’est quoi ?

« L’évolution du climat pourrait affecter les mobilités humaines », c’est l’une des principales réflexions que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a formulées en 1990. 28 ans après, une nouvelle étude de la banque mondiale redonne des preuves à cette constatation.

Aujourd’hui, personne ne peut nier que le changement climatique vient de se joindre aux facteurs de migration. Un grand nombre d’individus quitte des zones sujettes de dérèglements climatiques. Ils s’installent (soit ailleurs dans leur pays ou dans des pays frontaliers) dans des coins où ils seront en mesure de reconstruire leur vie. Il s’agit, bel et bien, de la « migration climatique ».  

Migration climatique, c’est quoi ?

Comme son nom l’indique, une migration climatique ou environnementale suppose des déplacements de population, temporaires ou définitifs, provoqués par des changements environnementaux ou climatiques.

Ainsi, le terme de « migrants climatiques » représente les personnes forcées à déserter la région ou le pays où elles résident en raison de la dégradation de leur environnement ou à cause des catastrophes naturelles entrainées par un dérèglement climatique (inondations, sécheresses…). Il fait son apparition pour la première fois dans un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, en 1985.

Les migrations climatiques datent depuis longtemps

Même si on en parle beaucoup que depuis peu, le sujet des migrations climatiques n’est pas un fait d’actualité. A vrai dire, dès les temps préhistoriques, des déplacements humains notables ont eu lieu par la faute des modifications du climat. D’ailleurs, c’est l’une des clarifications potentielles de la disparition des hommes de Neandertal. De nos jours, c’est l’activité humaine qui fait naitre de nouvelles migrations.

Un vide juridique

Jusqu’à maintenant, il n’existe aucun statut juridique pour les migrants climatiques. Certains rappellent le trait forcé de cette mobilité pour affirmer qu’il s’agit de réfugiés. Mais, ce n’est pas aussi évident que cela. Le statut de réfugié est un concept juridique cité par la Convention de Genève de 1951 dont les conditions d’attribution sont rigidement déterminées.

Ce texte stipule qu’un réfugié est toute personne “craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouvant hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou […] ne veut se réclamer de la protection de ce pays.” 

Il s’agit d’une définition qui fait abstraction des migrations d’ordre climatique.  Elle ne mentionne pas le climat comme un facteur de persécution, et elle ne cadre que les personnes qui quittent leur pays d’origine alors que la plupart des migrants climatiques sont des migrants internes.

Une étude de la banque mondiale tire la sonnette d’alarme

Une étude, de fraiche date, de la Banque mondiale intitulée Groundswell : Se préparer aux migrations climatiques internes s’intéresse aux changements climatiques ainsi qu’à leurs effets à l’horizon 2050 en examinant trois régions du monde : l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine.

Ses résultats sont alarmants. « Si l’on n’agit pas de toute urgence contre le changement climatique et pour le développement, ces régions pourraient être globalement confrontées à la présence de plus de 140 millions de migrants climatiques internes d’ici 2050. Des habitants forcés de se déplacer en raison des sécheresses, des mauvaises récoltes, de l’élévation du niveau de la mer et de l’aggravation des ondes de tempêtes », peut-on lire sur le rapport.

Passer à l’action au moyen d’un plan tripartite

La banque mondiale invite, donc, la communauté internationale à adopter 3 plans d’action : réduire les émissions de gaz à effet de serre, inclure la migration climatique dans la planification du développement et investir pour rendre meilleur les connaissances sur les migrations climatiques locales.

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