YouTube est-il un nouveau modèle économique médiatique?

Gagner sa vie est devenu possible en utilisant YouTube. Plusieurs MRE, surtout la gent féminine, utilisent cette plateforme pour parler de leur quotidien. Ils sont devenus célèbres grâce à leurs vidéos.

Le modèle économique est une des énigmes qui tracassent la sphère médiatique notamment les médias ethniques. D’ailleurs, le succès du média est toujours lié à la réussite de son modèle économique. Nous avons vu dans les articles précédents comment les chaînes YouTube ont pu jouer, en grande partie, le rôle des médias ethniques de moins en moins présents. Ceci nous laisse débreffer, en détail, son modèle économique ?

Pour prospérer, il faut investir

Sur YouTube, il n’y a pas de charges directes reliées à la création d’une chaîne contrairement aux médias ethniques traditionnels. Cependant, pour évoluer en termes du nombre d’abonnés et de vues ; il est crucial de présenter du contenu varié et riche en matière. Pour ce faire, les créateurs ont besoin d’investir leur propre argent.

Cet investissement peut prendre plusieurs formes, à savoir, l’acquisition de matériaux de tournage ainsi que l’achat de produits ou services sujets ou prenant part de la vidéo.

La loi d’attraction, une particularité du modèle économique

L’augmentation des nombres d’abonnés symbolise l’accroissement d’éventualité de partenariats et collaborations. En effet, plus le YouTubeur gagne en audience, plus l’investissement lié directement au contenu devient négligeable. 

Cette relation régressive est expliquée par le fait que les entreprises, notamment cosmétiques et de textile, sont intéressées par la population cible (public) du Youtubeur. Par conséquent, elles considèrent  ces chaînes une plateforme publicitaire directe.

Ainsi, les Youtubeuses, en question, reçoivent des produits ou des services à titre gracieux pour émettre leurs opinons. Cette situation est bénéfique, mais aussi à risque puisqu’il faut trouver l’équilibre idéal pour maintenir sa crédibilité et son image. Certaines insistent sur le fait qu’elles ne donnent que des avis sans partis pris, alors que d’autres font“glisser” cette publicité sans que le public s’en rende compte.  

Un modèle économique sans ossature

Avoir une chaîne sur YouTube est, sans contredit, un business lucratif. Au niveau mondial, les youtubeurs travaillent dans des structures professionnelles empruntées au monde des entreprises médiatiques. En règle générale, ils ont une équipe technique, une équipe de communication, etc…

Toutefois, les chaînes que nous avons observées n’ont pas encore atteint ce niveau de maturité organisationnelle qui inclut entre autres des employés. Cependant, il faut noter que plusieurs utilisent leurs enfants comme des mannequins, « sujet » de la vidéo, ou même créateur de la vidéo abusant ainsi du droit de parents pour produire du contenu.

YouTube est, durant la dernière année, passé aux actes en supprimant les vidéos qui font apparaître les enfants. D’ailleurs, une youtubeuse parmi les observées s’est fait censurer plusieurs vidéos.


Cet article est le troisième d’une série d’article d’analyse de 9 chaînes YouTubes tenues par des marocaines résidantes à l’étranger. 

Premier article: Darija, la langue du pays 

Deuxième article: Comment les youtubeuses vivent le Maroc ailleurs?

Le nom des chaînes étudiées: 
Ikram Bellanova, Souma, Malak World, Tout Pour Se Faire BelleIntissar’s Channel, Amina Oum Tesnim, Mouna Canada, By Imane, Fatimahissokay.

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