Le terroriste est toujours d'origine marocaine!

Levez le défi avec vos amis et pariez! Oui, pariez sur le nombre d’heures que les médias prendront avant de déclarer que l’assaillant est un marocain. L’ironie est qu’il est né et a passé toute sa vie en Europe. Exprès ou pas, il semble que le discours médiatique ne saisit pas la différence entre nationalité et origine.

Les crimes et délits ne sont pas spécifiques à une origine. Après tous, les Marocains et tout autre ethnie n’apprend pas à ses enfants comment devenir “terroriste” dès leur jeune âge. C’est l’ampleur que prend une information dans les médias et la manière du traitement qui en fait la différence aux yeux de l’opinion public. Les étiquettes “crime” ou “terrorisme” contribuent à la création du migrant-bouc émissaire tenu responsable pour tous ce qui va mal dans la société. 

Retour aux origines

Pour comprendre cette problématique il faudra d’abord comprendre la différence entre l’origine et la nationalité.

La nationalité, un papier administratif?

Weil Patrick dans son étude trace l’histoire de la nationalité au sens que nous le connaissons aujourd’hui:

La France […] a inventé en 1803 le droit moderne de la nationalité, […] lorsqu’elle a institué le fait que la nationalité se transmette, par le père, comme un droit de la personne.

 

Depuis, plusieurs changements ont eu lieu . Cependant, nous pouvons diviser les systèmes d’attribution de la nationalité dans le monde en trois modèles : le jus soli, le jus sanguinis et le jus domicili.

Le premier, jus soli, est le droit au sol à la naissance d’un enfant sur la terre à l’exemple des Etats Unies. Le jus sanguinis est le droit au sang, ou hérédité de la nationalité que si un parent en est originaire à l’exemple de l’allemagne. Le jus domicili est le droit à la résidence, une procédure par laquelle un migrant peut obtenir la nationalité suite à une durée déterminée de résidence continue à l’exemple du Canada.

Quelque soit la manière d’attribution de la nationalité, elle reste 
en soit un papier obtenu après un long parcours administratif. Le migrant devient soumis à une nouvelle loi . De plus, le système lui exige l’apprentissage de la langue ainsi que des informations de la culture générale. Soudainement le nouveau citoyen se trouve dans l’exigence de devenir conforme à un idéal imaginaire de l’autochtone typique.

Rien dans le processus de la naturalisation ne peut rendre une personne automatiquement française ou belge ou autre. Weil Patrick trace l’origine du mot nationalité au 19e siècle, date de son apparution et a été définit comme:

[…] Le lien juridique entre l’Etat et la personne.

 

L’origine: un mot polysémique

Quand on parle d’origine, on retrace la culture et souligne l’appartenance à un groupe ethnique donné. Ainsi, la culture est un ensemble de caractéristiques qui définissent une population. Tylor la définit dans The Primitive Culture comme: 

[…] C’est cet ensemble complexe qui comprend le savoir, les croyances, l’art, l’éthique, les lois, les coutumes et toute autre aptitude ou habitude acquise par l’homme comme membre d’une société.

Sur cette base il faut se demander est-ce qu’un individu qui ne rentre au Maroc que pendant les vacances est d’origine marocaine? Même si on considère que les parents sont des migrants marocains, eux même ne vivent pas au sein de la société marocaine. Celle-ci étant le point focal de la culture et donc de l’origine.

Le but ici n’est pas de déchoir ces personnes de leurs nationalité marocaine mais de se demander sur la légitimité de relever l’origine des parents et la double nationalité de l’individu selon des situations données.

Nationalité à double tranchant

Le migrant est un français quand il est un créateur, un footballeur, ou excellent dans tout autre métier. Dans ce cas, l’individu est décrit comme produit de la nation et des structures réussie mise en place pour l’intégration du migrant.

Cette même carte de double identité est jouée contre lui. Si le migrant ou sa progéniture commettent un crime ou un délit, il est déchu de sa nouvelle nationalité, momentanément, dans les médias. C’est comme si la nationalité est un élément volatile conditionné par certaines circonstances.

Sureau François dans son étude résume la situation. François indique qu’en imposant aux français récents une rigueur et conformité supérieur à la norme du français d’origine, c’est soit les suspecter à raison qu’ils soient étrangers, soit se référer à une conception idéale du « vrai Français », insusceptible par nature de commettre aucun crime ou délit. La première idée est blâmable et la seconde est absurde.

L’extrémisme n’est pas marocain, ni musulman ni d’une origine précise. C’est le résultat de plusieurs composantes malfaisantes instaurées dans le pays où l’individu est né et a grandi.

Le problème de la représentation reste avant tous le celui du traitement médiatique qui, souvent, manipule l’information de la même façon. Manque de temps, de moyens ou de volonté, le résultat reste le même. Quand les médias font sortir les profils victimes, très rares sont ceux qui mettent en avant les marocains ou les musulmans. Perpétuant ainsi, à jamais, l’image du migrant marocain musulman à l’extrémiste, terroriste en herbe.  

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