La migration est une thématique difficile à traiter au niveau académique, journalistique mais aussi dans l’univers cinématographique. Othman Naciri, réalisateur marocain, nous explique les défis auxquels il a fait face durant la réalisation de son court métrage “Ailleurs” 

(La transcription de la vidéo est juste en-dessous de la vidéo)

Transcription :

Question 1 – Est ce que vous traitez la migration parce qu’elle fait l’actu’ ou juste par engagement personnel ?

C’est d’abord un engagement personnel, bien entendu. Mais tous les engagements naissent d’une actualité justement. Si c’est un engagement, c’est également parce qu’on en entend beaucoup parler, on le voit autour de nous, ça nous saute aux yeux, ça fait partie de notre vie. Donc c’est un engagement basé sur une actualité mais c’est un engagement qui me touche beaucoup personnellement. Donc c’est un engagement, oui effectivement.

Question 2 – Qu’est-ce que vous essayez de transmettre via vos créations ?

Je pense que le travail d’un réalisateur est de justement s’inspirer de la réalité et à partir de là passer des messages. La réalité, elle est disponible, on la trouve partout, elle existe. C’est-à-dire je ne peux pas prendre juste la réalité et vous la donner parce que je n’apporte rien de nouveau. Ce qui est intéressant c’est de justement s’inspirer des réalités et à partir de là passer des messages.

Question 3 – Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le traitement de la migration ?

Les susceptibilités. Gérer les susceptibilités. Parce que quand on raconte une migration on raconte rarement quelque chose de très joyeux et dès lors qu’on ne raconte pas quelque chose de joyeux on raconte quelque chose de difficile, de triste, de dure. Il faut faire très attention de ne pas blesser X de ne pas faire mal à Y. Alors tout à l’heure*, on voyait à un certain moment on se demandait est ce que le film ferra plaisir aux sénégalais ou pas alors que mon but n’était pas du tout de les blesser. C’est quelque chose d’assez délicat en parlant de migration. Et 2e chose, c’est dire des choses qui ne sont pas des mensonges. Et ça aussi, il faut beaucoup se renseigner avant de traiter par rapport à cette thématique. Surtout c’est quelque chose qui fait l’actualité et les données d’aujourd’hui ne seront pas celles de demain et ne sont pas celles d’hier. Donc ça bouge régulièrement.

*Migration.ma a rencontré Othman Naciri en marge de l’atelier de production médiatique du Master Médias Migrations.

Plus de vidéos: Les migrants sont-ils une source de maladies?

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