Retour aux origines de ce mot complexe

Euh, on a les yeux qui piquent et le cerveau qui surchauffe juste en se mettant à l’épreuve de lire ce mot bizarroïde et chelou! me diriez-vous! Bon, je sais. Mais rassurez-vous, ne vous inquiétez pas et reprenez vos esprits pour bien comprendre ce que ce mot, presque imprononçable, veut dire?

Retour aux origines de ce mot complexe

Déjà, le mot Glottophobie est composé de l’affixe de l’origine grecque Glotto qui signifie langue et du suffixe “Phobie“, qui, à son tour, est formé de l’affixe d’origine grecque phobo⁠peur“, et de l’affixe savant -⁠ie, “le fait de“.

En psychologie, une phobie est une peur non raisonnée et continue d’un objet, d’un être vivant ou d’une situation qui en eux-mêmes ne présentent aucun danger.

Qui a eu l’ingénieuse idée de penser à ce mot ? et que signifie-t-il finalement ?

Le mot « glottophobie » a vu le jour en 2015. Il a été objet de plusieurs réflexions du sociolinguistique Philippe Blanchet. Voici la définition qu’il propose :

« La glottophobie est le processus qui consiste à exclure ou stigmatiser quelqu’un pour la pratique d’une langue peu valorisée (patois, dialecte, créole, langue régionale, etc.), ou pour la pratique locale ou marquée socialement d’une langue commune, par les phénomènes d’accent, de prononciation, de prosodie, etc.

La glottophobie restitue ainsi aux discriminations linguistiques toute leur dimension sociale et politique, en ce qu’elles touchent les individus (les locuteurs) et non les langues. »

Généralement, on parle d’une action visant à mettre un individu ou une communauté à l’écart lorsque ces derniers sont rejetés sur des critères tels que les pays de provenance, la religion, le sexe, la couleur de peau… On communique moins sur la discrimination linguistique même si ce type de ségrégation reste très observable dans plusieurs sociétés.

Quand est-ce que les migrants peuvent être victimes de glottophobie?

Il faut savoir une chose, la glottophobie n’est pas associée uniquement aux migrants. Chacun peut être confronté à une situation de discrimination linguistique.

Prenons juste l’exemple du Maroc, nous sommes dans un pays qui est connu par la multitude des accents de ses habitants. Il est presque très commun que les Marocains se fassent des blagues entre eux que sur la base des accents qu’ils parlent avec.

Revenons aux migrants, dans certains pays, il est obligatoire de parler une des langues officielles ou uniquement de la langue parlée dans la région où on se trouve pour avoir accès aux services de base. Une personne qui ne maitrise pas cette langue ne peut pas bénéficier de ces services sauf en la présence de quelqu’un qui pourrait se charger de faire la traduction.

Parler mal une langue est aussi un facteur de discrimination linguistique. Une personne migrante pourrait faire objet d’un rejet pour fait de sa prononciation soi-disant incorrecte et inexacte.

Après tout, la langue et la prononciation restent une spécificité propre au vécu et à la personne de chacun. Il s’agit d’une particularité ayant trait avec sa culture et ses origines aussi. Lorsqu’on exclut quelqu’un en se basant sur ces critères, on tourne le dos automatiquement à son identité et à son héritage culturel.

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