L'instrumentalisation de l'immigration

L’Italie a voté le 4 mars dernier à l’occasion des élections générales. Tout comme plusieurs campagnes électorales, l’économie et l’emploi sont les questions qui sont le plus soulevées par les politiques. Cependant, la thématique migratoire reste aussi un cheval de bataille.

Mise en contexte

De ce temps-ci, l’Italie est parmi les principales « portes d’entrée » de l’Europe pour les immigrants. C’est le cas depuis toujours vu qu’à partir des années soixante, plusieurs populations sont venues s’installer en Italie afin de compenser la pénurie de main-d’œuvre peu qualifiée et nécessaire à quelques activités (l’agriculture par exemple).

Comme le pays n’était pas préparé, autant qu’il fallait, pour accueillir ces travailleurs migrants ainsi que les membres de leur famille, les modèles d’intégrations conçus n’étaient pas bien raisonnés.

Depuis les années 90, un débat a été ouvert entre partis politiques. Ceux de droite trouvent que cette invasion doit être stoppée. D’ailleurs, les dirigeants de ces partis estiment que les migrants sont les seuls responsables des mauvais résultats économiques et de la hausse de la criminalité en Italie.

L’instrumentalisation de l’immigration

En dépit de la baisse des arrivées de migrants, les partis politiques spéculaient sur la peur de l’immigration. Avant le commencement de la campagne électorale, le gouvernement précédent a adopté une politique migratoire restrictive qui a su permettre une baisse significative des venues des migrants sur les côtes italiennes. Celles-ci ont diminué de 35 % en provenance de Libye où  des accords ont été scellés avec les tribus et les milices locales pour mettre un frein aux départs des migrants.

Toutefois, l’immigration est redevenue le thème fondamental des débats à l’aube des législatives suite à la circulation de plusieurs faits divers.

Le discours de la droite

Silvio Berlusconi, président de Forza Italia, a dénoncé pendant la campagne électorale « la bombe sociale que représentent les immigrés. 600.000 n’ont pas le droit de rester en Italie et vivent de petits crimes et d’expédients. ». En cas de victoire, il a promis aux Italiens de mettre les migrants dehors.

Un discours semblable, en tous points, à celui de Matteo Salvini, leader de la Ligue du nord, qui estime que « l’immigration incontrôlée apporte le chaos, la rage, les vols et le trafic de drogue ». Pour lui, l’Italie a été « transformée en un énorme camp de réfugiés ».

Le mouvement 5 étoiles “indécis”

Quant au mouvement 5 étoiles, “Un mouvement attrape-tout”, il est resté indéfinissable côté migration. Les représentants du parti ont plusieurs fois fait des déclarations contre le droit du sol ou pour le durcissement des règles d’asile.

Cependant, après la victoire de ce parti, le gouvernement (coalition entre Ligue et M5S) a affiché sa volonté de précipiter l’examen des demandes d’asile et de refouler systématiquement les déboutés.


Similar Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *